Journées organisées par l'association "Moissac ville de Justes oubliée"

 

CRW 8191En avril 2013, l'association "Moissac, ville de Justes oubliée" avait organisé une première rencontre qui s'était conclue par l'inauguration de l'esplanade des Justes parmi les Nations, située face à la maison du 18 quai du Vieux Port où Shata et Bouli Simon ont recueilli 500 enfants juifs privés de leurs parents déportés dans les camps d'extermination nazis. Elle prolonge le parvis du moulin de Moissac, aujourd'hui aménagé en hôtel.

C'est dans ce vaste bâtiment, qu'ensuite, de 1944 à 1953, ont vécu les enfants dont les parents ne rentreraient plus jamais.

 

 

 

 

 

 

 

60 ans plus tard, retrouvailles devant la maison du quai du Vieux Port qui les avait recueillis à partir de 1939.

Moissac 1939 - 1945

Livre de François Boulet sorti depuis peu.

BOULET couverture livre

 

Au 18 quai du Port, la maison aux épais volets de bois s’élève sur deux étages.Elle fait face au pont Napoléon.

Quelques mètres, une petite place, la sépare du Tarn.

L’été touche à sa fin et le climat est encore doux. Shatta a toujours été sensible à la beauté des lieux.

Elle n’hésite pas une seconde. «  J’étais persuadée qu’ici les enfants seraient heureux et bien soignés » dira t-elle des années plus tard.

Le 5 décembre 1939, la Maison ouvre enfin ses portes. Le maire, Roger Delthil accueille chaleureusement Shatta et son équipe parisienne.

A Moissac, la majorité des habitants n’a jamais « vu » de juifs.

La Maison recevra des dizaines et des dizaines d’enfants de tous horizons, orphelins, enfants  de déportés, enfants confiés par les mouvements juifs.

Les Moissagais savent tous que la Maison est juive (elle ne s’en cache nullement) pas un ne parlera, pas un ne dénoncera, bien au contraire ils aideront ces enfants.

Pas un enfant ne sera pris.

En 1943, la situation devient difficile et dangereuse, la maison est dissoute. En attendant des jours meilleurs les enfants seront cachés dans des familles, dans des couvents, partout ou l’on pourra les placer en sécurité. Après la guerre ils reviendront tous à Moissac.

Depuis cette époque, où qu’ils soient dans le monde, la Maison de Moissac est Leur Maison.

1939, proclammation de Roger delthil

République Française

Département du Tarn-et-Garonne

Commune de Moissac

 



 

Mes chers concitoyens,

Nous sommes appelés à recevoir 1500 compatriotes, femmes, enfants et hommes d’un certain âge, obligés de fuir les atrocités d’une guerre qu’on nous a imposée ; ces malheureux, de toutes conditions sociales, ont été obligés de quitter leurs foyers sans rien emporter. Ils vont arriver à Moissac dans le plus complet dénuement.La Municipalité trouvera, ou réquisitionnera, les logements nécessaires. […] Je compte sur le patriotisme de la population de Moissac, dont les fils font leur devoir sur la frontière. J’y compte aussi parce que, en 1930, le malheur ayant fondu sur notre ville, la France entière, dans un admirable mouvement de solidarité, lui a envoyé des millions et des millions. Nous avons une dette à payer : nous la paierons. […] La ville doit faire son devoir : elle le fera.

Roger DELTHIL, Maire de Moissac, sénateur de Tarn-et-Garonne

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